Bêtes qui avertissent d'abord

Elles se campent sur leurs pattes avant de charger. Laisse-leur de l'espace et elles te laisseront passer.

Fourmi guerrière

Sentinelles insectoïdes en armure des étendues arides. Des plaques chitineuses s'imbriquent comme une cotte de mailles sur le thorax de ces soldats bipèdes qui arpentent savanes et déserts. De jour comme de nuit, ils tiennent leur position, se campant face aux arrivants pour marquer la frontière de la colonie avant de frapper de leurs mandibules et de leurs pinces. Ils battent rarement en retraite, luttant jusqu'à ce que leur ichor s'accumule sous leurs carapaces brisées. Les marchands qui traversent ces désolations paient des gardes pour guetter les troupes menées par de grands scarabées, car une seule Fourmi guerrière annonce un nid caché qui ne cédera pas un pouce de terrain.

Scarabée guerrier

Sentinelles arthropodes cuirassées des solitudes calcinées. Leurs plaques chitineuses crissent sur le sable quand ces bipèdes carrent les épaules pour barrer le passage. Présents dans le désert et la savane à toute heure, ils tiennent tête aux voyageurs et n'abattent mandibules et pinces qu'une fois la frontière franchie. Même avec une carapace fendue d'où s'écoule un ichor épais, ils maintiennent l'assaut avec une endurance farouche. La plupart mènent des bandes de guerre d'insectes, guidant des fourmis guerrières de moindre rang pour verrouiller des territoires qu'ils n'abandonnent presque jamais.

Sanglier

Bêtes territoriales à défenses des bois et des fanges. Des fourrés denses et des bourbiers dissimulent ces brutes obstinées à toute heure du jour. Une compagnie de laies et de marcassins s'arrête net et se campe face aux voyageurs qui approchent, offrant un avertissement bien clair avant la charge. Quiconque s'aventure trop près s'expose à des coups de boutoir au ras du sol et à des bonds lancés capables d'enfoncer les côtes d'un homme. Leur cuir épais et leur fureur les soutiennent bien après que d'autres bêtes auraient fui ; un sanglier combat d'ordinaire jusqu'à ne plus pouvoir tenir debout, rendant les sentiers forestiers périlleux pour les bûcherons solitaires.

Rencontré aussi en tant que : Laie, Marcassin.

Border collie

Chiens de berger diurnes arpentant la lisière des terres arables et des forêts. Leurs mâchoires de fer claquent contre tout étranger qui s'approche des troupeaux de moutons hors des murs des colonies. Ces chiens parcourent prairies, taïga et toundra glacée avec une volonté implacable de maîtriser leur territoire. Ils avancent par morsures nettes et mesurées avant de se projeter de tout leur corps pour abattre leur proie. Les fermiers de la côte et des forêts s'en remettent à leur regard perçant pour éviter que le bétail n'aille errer, bien que tout cavalier trop hardi comprenne vite que la loyauté du collie n'appartient qu'à son troupeau.

Crabe guerrier

Sentinelles chitineuses patrouillant la ligne de marée. D'épaisses carapaces minéralisées protègent ces arthropodes bipèdes qui arpentent la route côtière Skoz'jenta–Rrer'thuss. Le guerrier marque un temps d'arrêt, campé sur ses appuis pour avertir les voyageurs, et ne frappe de ses pinces broyeuses et de coups de tête que si l'on viole son territoire. Ils émergent quelle que soit la hauteur du soleil, faisant souvent cause commune avec les tortues guerrières pour verrouiller l'estran. Ces créatures ne reculent presque jamais, suintant l'ichor tout en poursuivant l'assaut jusqu'à ce que leur corps cède. Les pêcheurs évitent les hauts-fonds rocheux pour ne pas voir leurs filets déchiquetés.

Crocodile

Brutes territoriales cuirassées des zones humides. Des écailles rugueuses et une lourde queue segmentée désignent ce prédateur suprême des marais. Ces reptiles gardent leur place à toute heure, ne dormant ni ne chassant loin de leur domaine. Un crocodile s'immobilise et dresse sa masse imposante face à tout intrus, refusant de charger à moins qu'on ne le provoque ou n'empiète sur son sol. Une fois le combat engagé, la bête endure de cruelles blessures sans broncher, usant de ses mâchoires broyeuses pour achever ce qu'elle a commencé. Les gens du cru évitent les chenaux profonds pour s'épargner une confrontation qui ne prend fin que lorsque la créature est au seuil de la mort.

Cerf

Gibier ongulé farouche des forêts et des prairies. Leurs robes fauves se fondent dans la broussaille de la taïga et les clairières où paissent ces hardes. Ils restent actifs au zénith, mais détalent à la première odeur d'acier ou au moindre craquement de brindille. Même un grand cerf à la ramure imposante abandonnera son territoire et fuira plutôt que d'affronter la lame d'un chasseur. Comme ils désertent tout combat où le sang coule, les braconniers préfèrent traquer les biches et les faons près des points d'eau où les voies de fuite sont étroites.

Rencontré aussi en tant que : Biche, Cerf, Faon, Cerf élaphe.

Éléphant

Herbivores territoriaux massifs des herbes brûlées par le soleil. Leurs défenses d'ivoire écartent broussailles épineuses et carcasses dans la savane découverte où ces troupeaux circulent sous le soleil ardent. Un mâle s'arrête et carre ses épaules pour avertir tout intrus approchant de son territoire, ne chargeant que s'il est provoqué ou menacé. Ces colosses endurent de terribles châtiments avant que leur vigueur ne faiblisse, brisant essieux de chariots et côtes d'amples revers de défenses. Les guides locaux évitent leurs sentiers battus pour prévenir tout affrontement qui laisserait la terre ravagée et ensanglantée.

Hippopotame

Bêtes territoriales à cuir épais des berges marécageuses. Une peau encroûtée de boue protège ces bêtes imposantes qui revendiquent chaque méandre et marais de la savane. Elles s'interrompent pour dresser leur masse contre les intrus, laissant une chance claire de rebrousser chemin avant de bondir, mâchoires béantes. Ces créatures endurent de lourdes blessures sans vaciller, luttant malgré de profondes entailles et des os brisés jusqu'à frôler l'effondrement. Les chasseurs de la République d'Emyvelian évitent les déplacements nocturnes près des eaux stagnantes pour échapper à ces gardiens acharnés.

Élan

Herbivores massifs aux larges bois des solitudes du nord. Leurs ramures palmées et leurs lourds sabots régissent la taïga et la toundra, chassant tout intrus de leur domaine. Ils apparaissent avec le jour pour brouter les pousses des marécages et le feuillage des bois, sans marquer le moindre égard pour l'homme. Un mâle chargera sans sommation, utilisant son poids pour piétiner ses proies et encorner les chasseurs de coups dressés. Les chasseurs évitent les fourrés les plus denses durant le rut, car une femelle protégeant son faon tient chaque effluve pour une menace digne de mort.

Rencontré aussi en tant que : Mâle élan, Femelle élan, Faon d'élan.

Rhinocéros

Brutes territoriales à cuir épais de la savane. Deux cornes recourbées fendent les hautes herbes tandis que ces bêtes patrouillent leur domaine de l'aube jusqu'au cœur de la nuit. Elles s'arrêtent et campent leur charpente massive dès qu'elles perçoivent un intrus, ne chargeant que si le voyageur refuse de reculer ou dégaine sa lame. Leur peau résiste à la plupart des coups ordinaires, et elles poursuivent leur assaut par de terribles balayages latéraux jusqu'à ce qu'il ne leur reste qu'un dernier souffle rauque. Les chasseurs contournent ces hardes lors des périodes d'accouplement pour ne pas voir des caravanes entières anéanties par un seul mâle territorial.

Tortue guerrière

Sentinelles cuirassées de la ligne de marée battue d'embruns. D'épaisses plaques de kératine raclent le sable humide lorsque ces bipèdes carrent les épaules face aux intrus. Ils s'arrogent des pans entiers du rivage de jour comme de nuit, immobiles jusqu'à ce qu'un voyageur franchisse une frontière invisible ; ils ancrent alors leurs pattes et chargent, griffes en avant et becs claquants. La créature encaisse ses blessures avec une régularité mécanique, luttant par-delà les carapaces éclatées et les plaies béantes jusqu'à s'effondrer presque. Les pilleurs des côtes les associent souvent à des crabes pour tenir les grèves, forçant les marchands à verser un tribut pour atteindre leurs navires.

Licorne et pégase

Étalons ailés et cornus des sanctuaires isolés. Leurs sabots martèlent la pierre selon une cadence mesurée jusqu'à ce qu'un rôdeur approche. Ces bêtes s'arrêtent et carrent les épaules pour marquer une ligne, ne chargeant que si ce seuil est franchi ou que le sang coule. Une fois provoquées, elles combattent à coups d'encornements ascendants et de combinaisons de sabots d'une grande précision, refusant de plier avant de vaciller sous des blessures quasi mortelles. Les chasseurs de la République d'Emyvelian convoitent leurs dépouilles, mais s'aventurent rarement sur leurs terres sans s'attendre à une lutte sanglante et prolongée.